
Carlos Tevez entre dans la pièce, son visage affichant un sourire radieux qu'il va garder tout au long de l'interview. "Hola, master", déclare-t-il. Il s'assied et remet en place le bandeau qui retient ses cheveux mouillés. "Mes cheveux sont un peu fous ces derniers temps, et ce petit truc m'aide à les tenir en place", déclare-t-il en riant.
Chouchou des fans
Ce n'est pas la première interview que l'attaquant du Manchester United donne aujourd'hui, et ce ne sera pas la dernière. Mais Carlitos traite tout le monde comme de vieux amis de Fuerte Apache, le quartier plutôt défavorisé de Buenos Aires où il a vécu jusqu'il y a environ sept ans. Il accepte volontiers de répondre aux questions, mais il sait que s'il s'ennuie un peu, il peut sortir une blague pour égayer un peu la conversation. Extraverti et spontané, Tévez n'a aucun préjugé sur son interlocuteur. Que ce soit un journaliste, un supporteur ou le président du Brésil. "J'essaie d'être moi-même. En fait, je n'essaie pas. Je suis moi-même. Je pense que les fans comprennent que je ne prétends pas être un autre, et c'est pour ça que le courant est toujours bien passé avec eux."
Parcours chaotique
Dans sa première interview pour un magazine britannique en 2003, Tevez avait dit qu'il ne voulait pas venir en Europe parce qu'il voulait faire les choses que les jeunes de 19 ans font, comme passer du temps avec ses amis et profiter de sa famille. Mais après une époque où il faisait la une des journaux au bras d'une top-model ou évitant les paparazzi à l'extérieur des discothèques et des restaurants, il réalise que jouer à l'étranger l'aiderait à se poser. Il accepte alors un transfert au club brésilien du SC Corinthians. En plus de cela, il revient vers son ex-petite amie, Vanessa, et découvre les joies de la paternité.
"Confusion"
"C'est normal pour un jeune de 20 ans d'être un peu dans la confusion. Mais quand on est à l'étranger, on réalise beaucoup de choses, comme l'amour qu'on a pour son pays, sa famille et les choses qui comptent vraiment. Il était temps pour moi de grandir. Après la naissance de mon bébé, l'autre Tévez devait disparaître. Avoir une fille, c'est incroyable. Tu as beau être énervé par un résultat, blessé, déprimé ou autre, elle vient vers toi, tu la prends dans tes bras et tout s'en va immédiatement."
"Joueur des masses"
L'ancien sélectionneur argentin Marcelo Bielsa a une fois défini Tévez comme "le joueur des masses", un point de vue partagé par l'actuel sélectionneur argentin Alfio Basile. "Carlitos est doté d'un charisme naturel, sur et en dehors du terrain. Les fans l'adorent. Ils veulent qu'il réussisse. Ils sont heureux de le voir heureux." Tevez reconnaît qu'il le ressent. "Mon style me rapproche des fans. Ce fut le cas en Argentine, au Brésil. Ce fut le cas lorsque nous avons joué la Copa América au Pérou et au Vénézuela. C'est également le cas en Angleterre. Pour moi, 80 % de ce que je suis, je le dois à mon caractère. Quand j'ai débarqué à West Ham, les supporteurs me soutenaient et parlaient tout le temps de moi. Même si je n'avais rien fait. Même lorsque je ne jouais pas ! C'est pour ça que j'ai fêté mon premier but avec eux. Ils le méritaient car ils m'ont toujours soutenu."
Passion
Après avoir marqué sept buts lors des dix derniers matches de West Ham, les sauvant ainsi de la relégation, il voulait un nouveau challenge. "L'idée de jouer la Champions League était encourageante. C'est la seule compétition que je n'avais pas disputée. J'ai joué la Copa Libertadores, la Coupe intercontinentale, les Jeux Olympiques, la Copa América et la Coupe du Monde." Compte tenu de la barrière de la langue, il aurait parfaitement pu réaliser son rêve de jouer l'UEFA Champions League en allant en Espagne ou en Italie. Cependant, en moins d'une saison, il est tombé amoureux de la Premiership, et il voulait la connaître encore plus. "Jouer en Angleterre est fabuleux. Les fans sont à portée de main, ils vous poussent. Le football est spectaculaire. Il y a tant de passion, de rythme, de puissance… Je m'identifie à ce football."
Fierté
La passion et l'amour des supporteurs anglais sont deux éléments essentiels. Tévez a prouvé qu'un Argentin pouvait être aimé au Brésil. Puis il se retrouve sur le sol du deuxième plus grand rival de son pays. Même s'il n'était pas né au temps de la guerre des Malouines, son oncle y était. Il connaît donc bien l'histoire et comprend les conséquences. "Compte tenu de ce qui s'est passé entre nos pays dans le passé, je suis fier d'être traité avec autant d'amour en Angleterre. Les fans chantent 'Argentina, Argentina' à chaque match. C'est très touchant."
Fan de Ronaldo
Ironiquement, le joueur préféré de Tévez est brésilien, Ronaldo. "Ce que j'aime le plus chez lui, c'est que si vous le mettez en colère, vous êtes perdu. Il aura peut-être une occasion dans un match, mais il la mettra au fond. Il est très patient." L'attaquant de l'AC Milan a aujourd'hui 31 ans, l'âge auquel Tévez a dit qu'il se retirerait. Pour quelqu'un qui a refusé une opération pour effacer des cicatrices sur son cou, opération qui l'aurait privé de football pendant quatre mois, il y a peu de chance de voir Carlos Tevez prendre sa retraite à 30 ans.
Ceci est un extrait d'un article du dernier numéro de Champions, magazine officiel de l'UEFA Champions League.
le 24/10/2007 à 02h22, par cristiano ronaldo 7
aller tevez
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